Comment arrimer des charges sur les véhicules routiers ?

De nombreux accidents de travail recensés dans le cadre du transport routier des marchandises ont pour origine, des défauts d’arrimage.

La qualité du chargement et de l’arrimage des produits contribue à assurer la sécurité des conducteurs et des manutentionnaires lors du transport de la marchandise, de son chargement et son déchargement. Elle permet aussi de garantir le bon état de la marchandise livrée, ainsi que la longévité du véhicule.

image12

Bien que l’arrimage soit régit par de grands principes généraux, chaque type de chargement pose un problème spécifique en fonction de la nature de la marchandise à transporter, de sa forme, de son poids, de son conditionnement, de sa fragilité, …etc.


Dans cet article, je vais vous présenter la démarche de l’INRS (www.inrs.fr) visant à accompagner les transporteurs routiers, les manutentionnaires, les agents de quai et les expéditeurs dans la réalisation de l’arrimage en fonction des caractéristiques de leur chargement (matières non dangereuses uniquement).

Mais avant, je vous invite à vous inscrire à mon bulletin d’information quotidien (inscription à la newsletter quotidienne), afin de recevoir non seulement tous les prochains articles et vidéos à raison de deux par semaine (mardi et vendredi), directement dans votre courrier électronique, mais également le livre numérique et le fichier Excel qui viendront compléter la formation vidéo sur la construction des tableaux.


Tout d’abord, l’arrimage peut être défini comme étant le positionnement judicieux et le maintien des charges contre le plateau et les parois d’un véhicule par des moyens appropriés. Un moyen d’arrimage est caractérisé par sa capacité maximale d’utilisation et les anneaux ou points d’amarrage au véhicule, ainsi que par leur force de traction admissible.

1 – Les caractéristiques du colis à transporter : la détermination du plan d’arrimage

La détermination du plan d’arrimage nécessite de connaître la masse du colis à transporter, ainsi que son centre de gravité.

La masse de la charge est généralement fournie dans les documents y relatif. Mais en l’absence d’information sur le sujet pour des charges homogènes, vous pouvez utiliser les masses volumiques des matériaux courants, soit :

  • 800 kg/m3 pour le bois ;
  • 1 000 kg/m3 pour l’eau ;
  • 2 500 kg/m3 pour le béton armé ;
  • 8 000 kg/m3 pour le fer, l’acier et la fonte.

Sachant que :

Masse (kg) = Volume (m3) * Masse volumique (kg/m3).

Quant-au centre de gravité (CDG), il est le point d’application du poids de la charge.

Le centre de gravité des formes régulières est indiqué ci-après :

image1

2 – Les caractéristiques du véhicule

Le véhicule doit être pourvu d’une carrosserie appropriée, munie des points d’arrimage et des équipements spécifiques qui sont nécessaires pour transporter le chargement en toute sécurité.

Remarque : si la carrosserie est conforme à la norme NF EN 12642 Code XL (indication apposée sur la structure de la carrosserie et sur la plaque d’identification du véhicule), en effectuant un chargement adapté, il ne sera pas nécessaire d’effectuer un arrimage, la carrosserie étant testée pour résister, sous certaines conditions, aux forces d’inertie générées pendant le transport.

Les principaux véhicules destinés au transport des colis et des charges palettisées sont :

  • Les fourgons : ils sont généralement équipés des points de fixation (crochets, anneaux, rails à perforation situés sur les parois, au plancher, à la toiture et qui permettent de fixer les charges au moyen des dispositifs d’arrimages.
  • Les savoyarde : leurs ridelles articulées réduisent la largeur utilisable du plateau. Ces ridelles sont conçues pour résister, sous certaines conditions, aux contraintes latérales induites par le transport par route. La bâche latérale, coulissante ou non, présente la partie faible de ce type de carrosserie.
  • Les plates-formes ou véhicules à plateau : ils sont très souvent utilisés pour le transport de fers longs, les profilés en acier, les barres d’acier, les tubes, …etc. Il est impératif de caler ces charges contre le tablier, puis de les arrimer.

3 – Quelques accessoires d’arrimage et moyens de retenue

Ci-dessous, quelques dispositifs d’arrimage qui peuvent être mis à disposition pour chaque véhicule :

  • Les moyens d’arrimage à sangles : ils doivent être conforme à la norme EN 12195, partie 2. Ils doivent être en bon état, sans déchirure ou amorce de rupture. Ne doivent jamais être utilisés noués.

image2

  • Les chaînes d’arrimage : elles doivent être conformes à la norme EN 12195-3. Les chaînes d’arrimage à maillon court sont normalement utilisés pour l’arrimage des engins de manutention, de travaux publique, de profilés en acier, …etc., tandis que les chaînes d’arrimage à maillons longs sont d’usage limité au transport du bois.

image3

  • Les câbles d’arrimage en acier : ils doivent être conformes à la norme EN 12195-4. Lors de l’arrimage des objets tranchants, les câbles doivent être protégés par des protecteurs d’angle ou des cales inférieures pleines.

image4

  • Les cornières de protection ou équerres : elles sont destinées à éviter de détériorer les angles des colis et des matériaux transportés, les sangles, la haine ou le câble d’arrimage.
  • Le tapis anti-glisse : il accroît le coefficient de frottement entre la charge et le plan de pose, c’est-à-dire entre la plate-forme de chargement et les colis superposés.
  • Les sacs intercalaires gonflables : ils sont destinés à éviter le déplacement de la charge en comblant les espaces entre les différents articles ou entre la charge et le véhicule.
  • Les cales : elles sont fixées au plancher et maintiennent la charge sur le plateau.

4 – La répartition du chargement et le calcul de l’arrimage

Le positionnement du colis sur le véhicule :

  • Il faut répartir la charge sur l’ensemble du plateau de telle sorte que le centre de gravité soit le plus bas possible. Dans le cas des chargements hétérogènes, positionner les charges les plus lourdes en dessous des charges les plus légères.
  • En cas de charges denses, de dimensions réduites, répartir la pression sur le plancher par l’intermédiaire de traverses, de longerons, de berceaux, …etc.
  • Disposer tout chargement homogène symétriquement par rapport à l’axe longitudinal du véhicule de façon à écarter tout déséquilibre.

image5

Quelques méthodes de calcul des arrimages

  • La stabilité de la charge

Avant tout calcul, il est important de savoir si la charge respecte les critères de stabilité.

Le calcul de la stabilité doit être réalisé dans le sens longitudinal et transversal. Il est donc important de bien faire attention au positionnement de la charge sur le camion.

Si H/L < 1.25, on a une charge stable vers l’avant ;

Si H/L < 2, on a une charge stable vers l’arrière ;

Si H/B < 2, on a une charge stable dans le sens transversal.

image6

Le calcul de l’arrimage des charges se base sur la norme EN 12195-1 : 2010.

  • L’arrimage direct

L’arrimage direct consiste à arrimer la charge dans toutes les directions où elle est susceptible de se déplacer, à l’aide de chaînes, câbles ou sangles d’arrimages afin de l’immobiliser.

image7

Dans tous les cas, les angles α et β seront choisis de façon à ce qu’il n’y ait pas de déviation des accessoires d’arrimage.

  • L’arrimage par frottement ou arrimage couvrant

Dans le cas de l’arrimage par frottement encore appelé, la charge est placée sur le plateau du véhicule à l’aide de moyens d’arrimage de telle sorte que la force de frottement soit suffisante pour s’opposer à son déplacement.

image7

  • Le blocage ou calage

Il consiste à transférer les efforts engendrés par la charge au véhicule par l’intermédiaire de cales fixées aux véhicules. Dans le cas d’une charge instable, il conviendra de positionner ces dispositifs de blocage de sorte que ceux-ci atteignent ou dépasse le centre de gravité de la charge.

image9

  • L’arrimage à effet ressort

Il s’agit d’une méthode d’arrimage en diagonale qui peut être utilisée lorsque l’on souhaite faire un arrimage direct mais que la charge est dépourvue de points d’ancrage.

image10

  • La fixation de la charge au véhicule

Cette solution consiste à rendre la charge solidaire du véhicule par son dispositif mécanique.

  • L’arrimage combiné

C’est l’association de plusieurs méthodes d’arrimage. Une méthode de calcul simplifiée consiste à cumuler les efforts d’arrimage.

Et pour terminer, un exemple de plan d’arrimage :

image11

Pour avoir les détails de calcul de ces différents plans d’arrimage, je vous invite à visiter le site de l’INRS au www.inrs.fr.


Avant de vous quitter, je vous invite une fois de plus à vous inscrire à mon bulletin d’information quotidien (inscription à la newsletter quotidienne), afin de recevoir non seulement tous les prochains articles et vidéos à raison de deux par semaine (mardi et vendredi), directement dans votre courrier électronique, mais également le livre numérique et le fichier Excel qui viendront compléter la formation vidéo sur la construction des tableaux de bord.

Avez-vous aimé cet article ?

Encouragez-moi avec un commentaire, une mention j’aime, un abonnement à ma chaîne youtube ou partagez-la avec vos amis sur les réseaux sociaux et…

…A NOUS LA PERFORMANCE LOGISTIQUE !

Laisser un commentaire